Extraits de Tokyo Rhapsodie

Les meilleures pages du roman Tokyo Rhapsodie, commentées par l'auteur. A voir également, http://antoinemisseau.canalblog.com/ pour plus de détails sur la création littéraire. Attention, tout le matériel publié ici est couvert par le droit d'auteur.

01 mars 2008

EXTRAITS

Les textes présentés ci-après forment la première partie de mon livre Tokyo Rhapsodie, publié aux éditions la Musardine en août 2008. Pour plus d'informations, des billets sur le Japon et mon aventure littéraire, n'hésitez pas à visiter mon blog. Bonne lecture !

I.     Incipit
II.    Une fin de journée à Tokyo (1)
III.   Une fin de journée à Tokyo (2)
IV.   Le métier de Seiji
V.    L'hôtel Papion
VI.   Angela
VII.  Un entraînement particulier
VIII. De la pipe au Japon
IX.   Exercice
X.    Un parc loin de la gare
XI.   Feux d'artifices en été (1)
XII.  Feux d'artifices en été (2)

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02 mars 2008

PERSONNAGES

Voici un des premiers document de travail que j'ai réalisé pour Tokyo Rhapsodie, il récapitule les personnages, leurs goûts en matière sexuelle et leurs liens mutuels. Les parties barrées sont celles qui n’ont finalement pas été utilisées dans le roman.

 

 Daniel, gentil Français, il pense avoir découvert l'Eldorado sexuel au Japon. En plus de sa copine Kasumi qu'il trombine avec entrain, il baise avec la régularité d'un métronome.

 Kobayashi Kasumi, la copine en question est une manipulatrice de première, salope et bandante. Elle est bien décidée à épouser Daniel, ce qui lui assure un billet pour la France loin de sa famille de tordus bourrés de fric. Maquillage de luxe, fringues de couleurs sombres, bijoux assortis. Intelligente, rancunière et arriviste.

 Sébastien, Français avec un peu plus d'expérience au Japon, il se méfie des Japonaises comme de la peste. Ça n'a pas toujours été le cas, il a même été bien près de se marier une fois avant de découvrir le passé peu glorieux de sa fiancée Haruka dans les bars d'Osaka. Si ce n'avait été que cela, il l'aurait probablement passé l'éponge, après tout nul n'est irréprochable, mais en plus d'un passé de call girl, la demoiselle lui piquait tout son fric et faisait des dettes au pachinko. Il refuse de l'avouer mais il continue de payer lesdites dettes à un mafieux local. Sa sexualité se contente de putes et de copines occasionnelles venant le voir depuis l'Europe.

 Hattori-San, le patron du pachinko un peu Yakuza sur les bords. Il ressemble à un Tanuki avec son ventre rebondi et ses cheveux bouclés, et il en a la hargne. Il bande plus depuis longtemps et son truc est de voir les filles dégorger de sperme après s'être fait défoncer par ses deux assistants. Il lui arrive alors de leur lécher les parties et de boire la semence à même la chatte et le cul. Il est près à peu près à tout pour bander à nouveau, même à risquer sa santé.

 Le vendeur fait le tour des maisons du quartier avec sa petite valise. Il ne circule que pendant la journée pour être sûr que ses clientes sont seules. Il est spécialisé dans les remontants et les philtres tous usages. Quand les mauvaises langues lui attribuent les derniers cas d'empoisonnements, il répond toujours que ce n'est pas de sa faute si des clientes un peu trop impulsives forcent sur les doses qu'elles donnent à leurs amis ou amants.

 Maiko-Chan, la petite sœur de Kasumi, elle est encore au lycée où elle est en passe de devenir la vedette du club de volley. Du coup le prof de sport en charge du club a décidé de prendre en main son entraînement, à coup de bondage et de pénétration rectale. Maiko rêvait d'avoir un petit copain normal, au lieu de ça elle se retrouve amoureuse d'un prof insatisfait et pour couronner le tout elle sera dépucelée d'étrange façon.

 Le Professeur de Volley, coach de Maiko, toujours en survêtement, une casquette de baseball vissée sur le crâne. Il a été dans l’équipe nationale de volley il y a plusieurs année et les sévices qu’il y a subits conditionnent largement ses goûts sexuels : bondage et sodomie. Il n’hésite pas à avoir recours à la violence pour que les filles de l’équipe donnent vraiment le meilleur d’elles-mêmes.

 Kobayashi Shin'ichi est le père de Maiko et de Kasumi. Il est veuf, officiellement sa femme est morte d'une attaque cérébrale mais des rumeurs courent dans le quartier. Son entreprise lui laisse peu de temps, c'est en tout cas ce qu'il dit à ses filles les nuits où il part en virée avec sa maîtresse.

 Kobayashi Junko, la maman de Kasumi et de Maiko sourit dans son cadre noir sur l'autel des ancêtres. Kasumi n'a jamais parlé de ce qu'elle a vu la nuit terrible où elle est morte ; les cordes, le fouet, le linge mouillé que son père posait sur le visage de sa mère, la suffocant alors qu'il la pénétrait.

 Yu-Chan, de son vrai nom Yurina Sato, lycéenne dévergondée mais tout à fait sympathique, elle a le chic pour se mettre dans des situations invraisemblables. Elle a un petit job dans un restaurant pour se payer maquillage et téléphone portable dernier cri. Son petit ami Seiji est celui là même qui l'a dépucelé dans un parc, et il aime la voir se faire sauter par des inconnus. Si elle rencontre un occidental, elle lui demandera s’il est chrétien, son phantasme depuis qu'elle a vu une reproduction du martyre de St Sébastien.

 Seiji est un des « soldats » de Hattori-San et l'éternel petit ami de Yu-Chan. Calculateur et fouinard, pour lui, sortir avec une lycéenne est quelque chose comme une preuve de statut, et il se fiche que la fille en question flirte à droite ou à gauche pourvu qu'elle reste jolie et souriante à ses côtés.

 Le Professeur de Volley, coach Maiko-Chan, toujours en survêtement, une casquette de baseball visée sur le crâne. Il a été dans l'équipe nationale de volley il y a plusieurs année et les sévices qu'il y a subit conditionnent largement ses goûts sexuels : bondage et sodomie. Il n'hésite pas à avoir recours à la violence pour que les filles de l'équipe donnent vraiment le meilleur d'elles-mêmes.

 Akira est le petit frère de Yu-Chan. Depuis qu'il est tout petit il est raide amoureux de sa sœur, et cette fascination a dégénéré en une relation foutrement tordue. Akira se désigne comme le soumis de Yu-Chan, il porte ses affaires, la masse, reste à genoux à ses pieds autant qu'elle l'exige. La nuit il dort au pied de son lit comme un chien fidèle. Leurs jeux ne vont pas très loin, elle l'autorise parfois à se caresser en sa présence ou bien en reniflant ses petites culottes. Quand il n'est pas sage elle l'enferme tout nu sur le balcon et il doit se branler jusqu'au bout avant d'être autorisé à rentrer dans la maison. Akira rêve de punitions plus physique et même d'intrusions anales mais Yu-Chan s'est pour le moment contenté d'en rire.

 Madame Sato est la mère de Yu-Chan et de son frère Akira. Encore très belle, elle se sent triste en voyant ses enfants grandir loin d'un père toujours absent. Elle aime beaucoup les costumes et supplée aux défaillances de son mari avec la pharmacopée d’un curieux vendeur. Adepte de la politique de l'autruche, elle ignore superbement le comportement de sa fille.

 Monsieur Sato est le père d'Akira et de Yu-Chan. Il travaille douze heures par jour dans une boîte japonaise, sacrifiant tout à la firme. Il est conscient que son mariage est dans l'impasse et en parle régulièrement avec Yamada son collègue de bureau. Il se plie de mauvaise grâce aux lubies costumières de sa femme qui se plaint souvent de son manque de désir pour elle.

 Yamada-San, collègue de Sato-San, il a des vues sur Saya que les jérémiades de Koji ne font qu'entretenir. A la faveur d'un costume peut être pourra t'il assouvir ses pulsions ?

 Mademoiselle Asuka est une femme encore belle, divorcée, ancienne petite amie de Sébastien, et très ambitieuse. Elle a mis le grappin sur un vieux Japonais spécialiste de bondage, et a monté avec lui un petit spectacle mélangeant bondage et Ikebana. Ils se produisent dans des clubs très fermés. Le vieux voudrait faire une grande fresque mais pour cela il va avoir besoin de plus de filles. Malheureusement pour elle, elle s’est fait beaucoup d’ennemis au cours de sa carrière de spécialiste du sexe et de patronne du « Studio Desire ».

 Ryo et Kohei sont deux garçons employés par Mademoiselle Asuka pour tourner des vidéos et faire des photos érotiques pour le compte de sa compagnie « Studio Desire ». Ils sont jeunes, beaux et sans scrupules.

 Hayashi-San est le vieux gardien dans le grand magasin. Il aime coincer les jeunes filles en train de faucher dans les rayons pour ensuite leur mettre leur destinée, et sa bite froide et ridée, entre les mains. Est-ce qu'une toute petite pipe ne vaut pas d'éviter la honte d'une arrestation par la police ? C'est également un joueur et ses dettes risquent de faire rentrer les Yakuza dans ses petits jeux de pervers pépère.

 Fujino Sensei est le maître incontesté du shibari, l'art du bondage. Il se met en scène pour un public choisi, et attache régulièrement sa compagne Mademoiselle Asuka. Il a un temps été l'amant de Kiharu-San qui le traite toujours avec respect.

 Kiharu-San est tout ce que l'on imagine chez une Geisha : belle, cultivée, raffinée, connue et admirée. Elle peut aussi être jalouse et vindicative et elle veut se venger de Mademoiselle Asuka qui a provoqué la chute d'une de ses élèves qui s'est tuée par overdose. Elle tissera lentement sa toile, bien décidée à être l'instrument de la vengeance.

Angela est Pilipino, belle, racée, un corps fait pour la course et la vitesse, si parfait qu'on le croirait dessiné dans une soufflerie. Elle est bien décidée à ramener un bon pécule au pays pour y ouvrir un commerce et se trouver un mari. En attendant elle met du fric de côté. Elle fait ce que tu veux, elle dit en rigolant qu'elle a son quatrième dan en pénétration anale et vaginale, mais ce qu'elle préfère c'est la fellation.

 Mei-Ling est une des protégées de Seiji. Elle se fait souvent rabrouer à cause de ses origines chinoises et de son accent. Plutôt plate, elle a un très jolie visage mais ce qui intéressent ses clients se sont ses « cieux de feu et de glace », une fellation avec des glaçons.

 Emi Tanaka a été coincée par Hayashi-San alors qu'elle piquait des sous tifs. Abasourdi par la technique de la jeune fille, Seiji l'a forcé à venir le voir en lui prenant son téléphone portable. Elle rêve de luxe et de voluptés, et le jeune homme semble bien parti pour l'intégrer à son équipe.

 CollectXX est un vieux pervers qui vole les petites culottes au balcon. Sa collection est gigantesque, et s'agrandie chaque nuit. C'est aussi un voyeur, doté d'un sexe minuscule.

 OkamaXX, androgyne, adepte de travestissement et figure mythique de la nuit à Tokyo.

 Tomomi-Chan, collègue de Yu-Chan et portée sur les plaisirs saphiques. Un peu plus grande que Yu-Chan, la peau très bronzée. Avec ses copines elle rencontre des hommes d’affaires pour des « compensated date », une forme de prostitution volontaire des lycéennes.

 Ryotaro-Kun, autre collègue de Yu-Chan et camarade de classe, c'est d'ailleurs lui qui lui a trouvé ce travail. Gentil garçon, il en pince pour notre petite lycéenne.

 Keiko-San la secrétaire de l’école de langues où travaillent les deux Français. Sans être belle à proprement parler, cette femme d’une quarantaine d’années a beaucoup de prestance et qui plus est un anglais impeccable. Elle a un goût certain pour les étrangers plus jeunes qu’elle et elle aime suivre avec eux des cours très particuliers. Elle donnera à Daniel quelques leçons en matière de discrétion.

 , une femme levé dans un bar par Daniel. Belle et séductrice, elle aime, comme dit la chanson, l’amour qui fait « boum ». Son visage était couvert de bleus mais ils ne se voyaient pas sous le maquillage. Son dos est complètement couvert d'un tatouage. Daniel, ignorant comme il est, la tire sans se douter que c'est la femme/maîtresse d'un Yakuza, ce que lui expliquera Sébastien le jour suivant. Technique assez moyenne, mais elle aime les coups et retira la ceinture de Daniel avant de lui tendre pour se faire battre, ce qu'il fera mal et sans conviction.

 Okubo est le bras droit de Hattori et travaille souvent en duo avec Seiji. Il a un goût prononcé pour le sang et la violence. Parfois il regarde les salaryman comme Monsieur Sato en se disant qu’il aurait pu être comme eux, s’il n’avait pas été un dur dès le collège. Il bosse pour Hattori qu’il assiste quand une soirée de jambes en l’air est prévue. Son souci du moment est la prostitution lycéenne qui fout en l’air le commerce : les minettes travaillent sans souteneurs et leurs prix sont si prohibitifs que la clientèle n’a plus de fric pour les réseaux tenus par des Yakuza honnêtes.

 Naito Noboru, fantôme du passé impérialiste du Japon, ce vieillard qui fut un monstre de perversion refuse de se laisser mourir en laissant l’histoire de ses horreurs disparaître. Ses mémoires, pourtant publiés de façon confidentielle, ont vivement choqué au Japon et à l’étranger : il y décrit en effet ses tâches en tant qu’officier lors du sac de Nankin et ensuite comme agent recruteur pour les « femmes de confort » dans les bordels militaires japonais pendant la guerre.

 Coréenne issue de la troisième génération, elle est très vindicative : comment peut elle encore être considérée comme Coréenne alors qu'elle est née, tout comme ses parents, au Japon ?

 Salary man payant pour sortir avec des lycéennes

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12 mars 2008

RELECTURE ET CRITIQUES DE MUNA

Voici les commentaires de Muna après la lecture d'un premier jet de mon manuscrit. J'ai mis en italique mes réponses. Attention, ce texte est un spoiler !

>J’ai donc bien lu ton manuscrit et voici ci-dessous mes commentaires.

>Je te prie toutefois de garder à l’esprit que c’est la première fois que je lis un roman de ce type et que par conséquent, je ne suis certainement pas le meilleur juge.

>Ne te connaissant pas, je peux me permettre d’être tout à fait honnête et d’exprimer des remarques qui je l’espère, sont objectives, mais qui ne reflètent que mon opinion personnelle.

 

>Points positifs :

  1. J’ai beaucoup apprécié ton style d’écriture.
  2. Le roman est captivant, difficile à lâcher quand on l’a commencé.
  3. L’histoire est bien construite, très rythmée.
  4. Chaque personnage est assez bien développé.

 

>Points négatifs

>J'ai trouvé le contenu extrêmement trash, au point de ne pas pouvoir lire certains passages.

J'ai voulu parler d'un Japon fantasmé, à la fois par les Français et par les Japonais. Le résultat se rapproche des mangas pornos, avec du sexe et de la violence, un truc à la Murakami Ryu... Le fait aussi que la société ici n'est pas judéo-chrétienne donne le rapport au sexe un peu bizarre pour nous, avec à la fois une retenue en public (du type "les bisous dans la rue, c'est mal"), et l'absence du concept de péché.

>Bourré de clichés du Japon (certes fondés, mais ça rend le livre assez basique…)

Tout à fait d'accord, mon but était de ne pas écrire trop de bêtises, mais cela sans faire de leçons aux lecteurs.  Je suis donc parti d'archétypes, du genre "le gaijin chez N***", "la ko-gal", "le yakuza", et j'ai tissé mon roman dessus. Ce n'est pas tant le Japon qui est caricaturé, que ses habitants... A y repenser, l'honorable partie de campagne fonctionne aussi comme ça. C'est déjà un vieux bouquin, mais quelques expressions y sont toujours très vraies.

[…]

>Il n'y a aucune image de femme positive dans le livre !!!! Elles sont toutes creuses, naïves, soumises, torturées, calculatrices ou salopes ! Je ne suis pas japonaise, donc heureusement je ne me suis pas identifiée à ces personnes, mais ce que tu décris est tout simplement insultant pour les femmes.

A leur décharge, tous les mecs sont salauds, stupides, obsédés, frustrés et/ou méchants... Ce n'est pas tant les femmes que l'humanité entière qui en prend plein la poire ! Une fois encore, c'est le choix de travailler par archétypes qui m'a mené à ça. Parler d'une femme active, qui rentre du boulot et fait l'amour en toute sérénité avec son ami, c'est sain, c'est beau, c'est vrai, mais c'est vite lassant dans un bouquin de ce type... Des persos trop lisses ne font pas d'histoire. Je suis d'accord, il y a peu de persos sympathiques (Même si j'aime beaucoup Kiharu, qui navigue dans tout ça sans jamais perdre sa splendeur).

>J'ai été stupéfaite du nombre de viols relatés dans le livre. Encore pire : je ne comprends pas comment tu peux insinuer qu'une femme (toutes les femmes) qui se fait violer finit par aimer ça ! Je comprends bien que ce n'est qu'un livre, mais si c'est vraiment pour les femmes, je t'assure que ce n'est pas ce genre de fantasme qui nous fait triper, loin de là. De la domination, peut être… Des relations « sauvages » ou « brutales » pourquoi pas. Mais viol, non.

Effectivement je vais retravailler là dessus. Le viol est un sujet complexe au Japon, par exemple les flics ne sont pas formés pour gérer des viols faits par des personnes que la fille connaissait avant : légalement, l'arsenal judiciaire existe, mais dans les faits, quand la fille vient porter plainte contre son petit ami, ou simplement un copain, les flics ont tendance à insinuer qu'elle l'a cherché (il y avait un article dans le Yomiuri il y a pas si longtemps). Dans leur esprit, un viol, c'est seulement un pervers qui saute sur une fille dans une rue sombre, attaque qui représente en fait un très faible nombre des viols effectivement commis.

Pire, certains groupes se sentent au dessus des lois (on se souvient de ce club de la très prestigieuse Université de Waseda, le « Super Free Circle » qui organisait des viols en réunions dans une boite de Roppongi), à partir de là tout est possible...

Enfin une bizarrerie culturelle fait que les Japonaises aiment, pour plaire à leurs compagnons, à jouer les nunuches. Cela passe aussi par cette habitude de dire "yada" quand le compagnon en question la touche pour la première fois. Je ne saisis pas bien le plaisir qu'il y a de serrer dans ses bras une fille qui dit "non, j'veux pas, arrête", mais l'effet psychologique est le même: le mec force, ou croit forcer, la fille. Je ne dis pas que toutes les relations commencent par un viol, je ne dis pas non plus que le « date rape » n'existe pas ; mais l'idée du viol me semble très présente dans la mentalité japonaise, et dans l'acte sexuel.

Pff, sujet compliqué, mais pour en revenir à nos moutons, je vais diminuer la fréquence des viols au fil des pages...

>Passage préféré :

>Première sodomie de Kasumi par Daniel. Elle est consentante. Elle est pathétique de se faire avoir comme ça, mais au moins, elle est consentante. Ça change…

Euh... Je suis assez fier de ce passage en effet.

>Passages que je n'ai pas pu lire :

>Tous les passages où apparait Akira. C'est tout simplement IGNOBLE !!!!!
>Le viol de Yu-chan. Lequel, me diras-tu ? Celui avec sa mère et le nécrophile.
>Le viol de Yu-chan où elle se fait sodomiser par son père.
>Yu-chan qui regarde ses parents.

Chacun a ses propres tabous, je suis heureux que tu aies fait l'effort de continuer même après t'être retrouvée face à celui de l'inceste.

>Passages vraiment vraiment trop trash :

>Le viol de Miu-chan par les policiers.
>La « punition » d'Asuka
>Emi et le nécrophile.

Est-ce que le "trop trash" se rapporte à la situation, ou bien à la langue utilisée? La scène avec les policiers est par exemple extrêmement vulgaire, ce que j'ai essayé d'éviter dans le reste du roman. Pour les scènes avec Asuka, j'ai un vrai problème : décrire une orgie est en fait extrêmement difficile. La scène à mon sens se traîne un peu en longueur, mais je ne sais pas comment m'en dépatouiller.

>Encore une fois, je sais que c'est une fiction où toutes les situations et réactions sont complément invraisemblables, mais quand même…:

Disons que c'est le romanesque ! J'ai aussi quelques éléments de réponse...

>Le châtiment de Maiko à son équipe ?

Y'a une scène de ce type dans Jeanne et Serge ( et ) ! Bon, ok, les filles sont habillées, mais dans mes souvenirs le coach les bombarde de ballons lancés à pleine volée... Oui, je sais, aujourd'hui, dans une école japonaise, cela est impossible, tout comme un prof qui s'isole tous les jours avec une de ses élèves, mais cela reste un fantasme très présent dans la littérature érotique, surtout manga.

>Son dépucelage par Daniel ?

Une histoire du Japon traditionnel raconte qu'un jour deux frères décident de se marier avec deux sœurs du voisinage. Comme les deux familles sont d'accord, on les marie le même jour. Les épouses se retirent dans leur chambre respective pendant que les hommes, en vrais mâles qui n'ont peur de rien, restent en bas à picoler. Après une heure ou deux, ils finissent par monter, poussent chacun une porte, et consomment leur mariage avec leur épouse.
Mais surprise! Le lendemain matin, ils s'aperçoivent tous deux qu'ils se sont trompés de femme (et de chambre, mais ça c'est moins grave). Ils courent voir le Magistrat le plus proche pour essayer de régler le problème. Sa décision : c'est la faute de personne, mais comme l'acte a été consommé, les frères sont condamnés à rester avec la fille avec laquelle ils ont passé la nuit ("la pénitence est douce, et ron et ron...").
Moralité, ben y'en a pas. Daniel n'est pas bourré, la chambre est éclairée, et ces deux-là n'ont pas d'excuse... La seule question, c'est savoir si la scène est rigolote, et je la garde, ou bien si ça bascule dans le ridicule, et dans ce cas je la retravaille.

>Après ce qui est arrivé à Yu-chan avec sa mère, elle se dit, « tiens, je vais aller rendre son sac à ma copine » et elle se fait encore droguer et abuser, dans la même journée ?

Tu as raison, ça ne va pas, et va falloir que je fasse sauter une des deux scènes, ou bien que je change la time line...

>Le père qui tue la mère de Maiko ?

Qui a dit qu'il l'avait tuée ? C'est Maiko qui en est persuadée, et tout ça à cause d'un rêve et d'un souvenir flou et à demi oublié...

>Yu-chan qui croit au Tengu ?

J'ai un Kyoto Sensei (vice principal, un gars en principe sérieux donc) qui croit qu'il y a un Tatari (malédiction) sur l'école à cause d'un chat... Il a même acheté un grigri au Naritasan pour protéger le lycée, c'est dire!

>Remarques :

>Tu utilises toujours le terme « ventre » en parlant du sexe féminin… Je dois être un peu innocente mais j'ai mis un moment un comprendre. Je n'ai jamais entendu quelqu'un appeler ça le ventre…Pourtant il y a beaucoup d'alternatives !

Tu n'es pas la première à me faire la remarque... J'avoue avoir fait le snob en utilisant le même terme que dans "Histoire d'O", mais c'est désuet et ridicule. Bon, reste le problème majeur : il n'y a pas de terme poétique pour désigner ce point anatomique, juste des termes scientifiques (vagin, sexe...), des termes vulgaire (con, chatte...) ou enfantin (foufoune, pilou-pilou...). Si tu as des idées (ou des préférences), ça m'intéresse.

>Le personnage nécrophile est dans la liste des personnages à la fin, comme si tu avais voulu lui donner de l'importance. Mais il n'apparaît que deux fois, dans des situations invraisemblables, qui ne sont pas vraiment en accord.

Je vais revoir ces deux scènes. Pour la liste, les persos sont dans l'ordre d'apparition, c'est tout...

>Aussi, je n'ai toujours pas compris ce que c'était que ce fameux liquide violet auquel tu fais référence si souvent.

Euh, il n'existe pas en vrai, c'est juste que j'aime bien les histoires avec des philtres d'amour.

>Pour info, j'ai lu le manuscrit en deux fois. J'ai lu environ 120 pages la première fois, sans pouvoir m'arrêter. Cela veut donc dire que le livre est facile à lire et captivant. Toutefois, en y repensant, l'impression qui reste est l'impression d'une histoire assez malsaine, c'est pourquoi j'ai eu beaucoup de mal à m'y remettre pour le finir. Pareil pour la deuxième étape : une fois ouvert, je n'ai pas pu m'arrêter avant la fin. Mais vraiment, ça laisse un goût malsain… J'étais même mal à l'aise de voir le manuscrit dans mon appartement et il me tardait de le rendre à Ethel. Mal à l'aise non pas parce que c'est un livre « érotique », mais vraiment parce que c'est très très trash et que pour moi, ce genre de pensée n'est pas naturel et même malsain.

Merci d'autant plus. Tes réactions, même de rejet, me semblent prometteuses : si ça choque, c'est que j'ai réussi à cerner quelque chose. Si je comprends bien, c'est à la fois malsain et fascinant ?

>Pour conclure, je voudrais te rappeler que ce sont vraiment mes impressions personnelles. Encore une fois, je pense que tu écris très bien mais ce livre ne me semble pas adapté à un public féminin…Mon but n'est surtout pas de te décourager avec ces commentaires. Je n'ai pas la science infuse, je ne suis pas critique littéraire et n'ayant jamais lu ce genre de livre, je n'ai pas de point de comparaison.

Non, ne t'inquiète surtout pas. Je fais relire mes textes pour avoir des réactions dures, des commentaires sévères, et pas pour masser mon petit ego endolori... Tu as fait de l'excellent travail, c'était juste, honnête, et sensible, merci!

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25 mars 2008

RELECTURE ET CRITIQUES DE MARI

Voici le commentaire de Mari, Japonaise, à la relecture d'une première version de Tokyo Rhapsodie. Il a été complété par un entretien après que Mari ait lu plus de texte, mais ce document en lui même me semble déjà intéressant.

En fait, je n'ai encore lu que très peu de votre texte (justement seules 40 pages à peu près, désolée !), mais je crois en ce moment avoir pu prendre votre conception du monde. Pour n'importe quel livre, le début de la lecture est embarrassant. Mais maintenant c'est intéressant vraiment.

Je me sens même émue en trouvant partout des expressions heureuses qui décrivent ce que moi je n'arrive toujours pas à le faire au sein de la culture japonaise qui est difficile à expliquer pour les Français.

Vous me trouverez bizarre, mais c'est une bonne expérience pour moi qui apprends le français.

Selon votre liste des personnages que vous aviez jointe, je suis encore à Sato-San (dans la 2e des 4 pages). Bien entendu, lorsque tout au début j'ai reçu votre document, je n'aimais essentiellement pas vous donner mes modifications aux personnages, puisque ce sont eux établis par vous. Un pareil acte peut automatiquement vouloir dire déformer la vérité de votre monde.

Par conséquent, j'ai décidé de me contenter de vous faire remarquer une grosse faute au point de vue japonaise. Mais sous cette condition, je n'ai plus rien à vous dire.

Pourtant juste une chose. Au moins jusqu'ici, j'ai trouvé un peu étrange cette prudence : je me demandais si juste avant la chose, le préservatif est prêt aussi souvent parmi des Japonais. ?

Au Japon, les adolescents n'ont jamais eu l'éducation sexuelle surtout dans les écoles. Je pense donc que beaucoup d'entre eux, des garçons, des filles tous deux, ont peu d'habitude de prendre un préservatif au moment de faire l'amour.

Dans tous les cas c'est tout à fait dangereux, mais notamment des filles japonaises se laissent faire cela sans mesures contraceptives, puisqu'elles savent que leurs partenaires préfèrent cette situation. Sans tenir compte du danger qui va leur arriver, elles-mêmes respectent leur préférence à eux.

Par conséquent, je suis un peu étonnée de voir dans votre roman que la plupart des gens acceptent volontiers l'utilisation d'un préservatif (j'imagine que c'est peut-être les Français qui leur ont proposé de le faire. Euh, plutôt dans la plupart des cas, ils ne se seraient pas vraiment insérés dans le corps de femme ?).

Et voilà. Par contre, avez-vous quelques parties matérielles qui ne vous sembleraient pas sures, que vous me demanderez de vérifier (ce serait plus facile pour moi) ? Si vous en avez, n'hésitez pas à me le dire.

A bientôt.

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